Test de l’iPhone 18 Pro : le meilleur iPhone est aussi le plus prudent — Frandroid

Test de l’iPhone 18 Pro : le meilleur iPhone est aussi le plus prudent — Frandroid


Après mon test de l’iPhone 17 Pro, voici, un an plus tard, celui du 18 Pro. J’ai passé l’année avec un iPhone Air, que je n’avais pas testé à l’époque. J’étais trop attiré par la nouveauté, mais les compromis du modèle ont fini par me lasser. Il faut dire que je fais 1,7 charge par jour actuellement : en gros, je charge presque deux fois mon smartphone par jour, ce n’est plus tenable.

Bref, retour au Pro. Le 18 Pro arrive avec 150 euros de hausse, sans iPhone 18 standard à côté de lui, et avec une nouveauté photo dont tout le monde a compris qu’elle était plus impressionnante à annoncer qu’à utiliser. Cela ne nous a pas empêchés de le tester à fond.

Petite mise au point avant de commencer : on n’est pas là pour faire du Apple bashing, mais on ne va pas non plus verser dans l’éloge aveugle à coups de superlatifs. ça n’a jamais été notre genre. L’iPhone Pro excelle sur bien des points et bute encore sur d’autres, et on va vous expliquer lesquels.

Pour aller plus loin
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Fiche technique

iPhone 18 Pro iPhone 18 Pro Max
Prix de lancement 1 479 € (256 Go)
1 729 € (512 Go)
2 229 € (1 To)
2 979 € (2 To)
1 629 € (256 Go)
1 879 € (512 Go)
2 379 € (1 To)
3 129 € (2 To)
Coloris Noir, Argent, Glacier, Bordeaux
Design Unibody aluminium, face avant Ceramic Shield 2, dos Ceramic Shield
Dimensions 150 x 71,9 x 8,75 mm 163,4 x 78 x 8,75 mm
Poids 211 g 249 g
Écran OLED Super Retina XDR 6,3 pouces
2 622 × 1 206 pixels, 460 ppp
OLED Super Retina XDR 6,9 pouces
2 868 × 1 320 pixels, 460 ppp
Caractéristiques écran ProMotion 1-120 Hz adaptatif, écran toujours activé, Dynamic Island, HDR, True Tone, P3, contraste 2 000 000:1, 1 000 nits (standard) / 1 600 nits (HDR) / 3 000 nits (extérieur) / 1 nit minimum, revêtement antireflet
Puce Apple A20 Pro (2 nm) : CPU 6 cœurs (2 super cœurs + 4 cœurs efficacité), GPU 7 cœurs avec Neural Accelerators et ray tracing matériel, deux Neural Engine 16 cœurs (32 cœurs au total)
Mémoire vive 12 Go (non communiqué par Apple, relevé dans Xcode)
Stockage 256 Go, 512 Go, 1 To, 2 To
Caméra principale Fusion 48 MP, 24 mm, ouverture variable ƒ/1,48 – ƒ/1,8 – ƒ/2,8 – ƒ/4,0, stabilisation par déplacement du capteur 2ᵉ génération, 100 % Focus Pixels, 2x « qualité optique » 12 MP (48 mm)
Ultra grand-angle Fusion 48 MP, 13 mm, ƒ/2,2, champ 120°, Focus Pixels hybrides, macro
Téléobjectif Fusion 48 MP tétraprisme, 100 mm (4x), ƒ/2,8, stabilisation 3D par déplacement du capteur, 8x « qualité optique » 12 MP (200 mm), zoom numérique 40x
Caméra avant Center Stage 18 MP, ƒ/1,9, autofocus, vidéo 4K Dolby Vision 60 ips
Fonctions photo Commandes Pro (ouverture, vitesse, balance des blancs, histogramme), Apple Reference Image (caméra principale), Styles photographiques 3 avec texture et grain, suivi intelligent de la mise au point, ProRAW, macro 48 MP, LiDAR
Vidéo 4K Dolby Vision jusqu’à 120 ips, ProRes jusqu’à 4K 120 ips (enregistrement externe), ProRes RAW, Apple Log 2, ACES, Genlock, mode Cinématique 4K 60 ips appliqué après coup, ralenti 1080p 240 ips, Double capture, quatre micros de qualité studio, Audio spatial, Mix audio
Batterie 4 056 mAh (étiquette énergie UE) 5 391 mAh (étiquette énergie UE)
Autonomie annoncée Jusqu’à 23 h en usage standard
34 h lecture vidéo, 31 h streaming
Jusqu’à 29 h en usage standard
43 h lecture vidéo, 38 h streaming
Recharge 50 % en environ 15 min avec adaptateur 60 W USB PD 3.1 AVS (vendu séparément), MagSafe et Qi2 jusqu’à 25 W (50 % en 30 min avec adaptateur 35 W), USB-C
Connectivité Modem cellulaire Apple C2, 5G sub-6 GHz MIMO 4×4, puce Apple N1 : Wi-Fi 7, Bluetooth 6, Thread ; Ultra Wideband 2ᵉ génération, NFC, USB-C USB 3 (10 Gbit/s) avec DisplayPort 4K HDR, GPS double fréquence
SIM Nano-SIM + eSIM, double eSIM
Résistance IP68 (6 m pendant 30 min)
Boutons Bouton Action, Commande de la caméra, bouton latéral, volume
Satellite SOS d’urgence, Localiser, détection des accidents
Étiquette énergie UE Classe A, endurance 52 h par cycle, 1 000 cycles, réparabilité C (3,14/5) Classe A, endurance 62 h par cycle, 1 000 cycles, réparabilité C (3,14/5)
Mises à jour garanties 5 ans minimum
Système iOS 27 (Siri AI indisponible dans l’UE au lancement)
Contenu de la boîte iPhone, câble USB-C 1 m, pas de chargeur
Disponibilité En vente depuis le 18 septembre 2026

Design : le même iPhone, en mieux fini, et pas plus lourd

Il faut poser un 17 Pro à côté pour trouver une différence, et encore. Le châssis unibody en aluminium, le plateau photo sur toute la largeur, les 8,75 mm d’épaisseur, tout est identique au dixième. Les coques de l’an dernier vont sur celui-ci. Alors, à quelques exceptions près, la très grande majorité des coques sont compatibles.

Ce qui change, c’est le dos : le verre est enfin de la même couleur que l’aluminium, et le bicolore du 17 Pro, qui faisait débat, disparaît. Le noir est noir. Le Glacier est un bleu ciel franc, l’Argent est enfin argent. Apple a écouté les critiques, et ça se voit.

iPhone 18 Pro // Crédits : Frandroid

Le poids est le point sur lequel je veux être précis, les deux smartphones ont pris de l’embonpoint. Le 18 Pro pèse 211 grammes, 7 de plus que le 17 Pro, et je ne l’ai pas senti. Le 18 Pro Max pèse 249 grammes, 18 de plus que son prédécesseur, et tous ceux qui l’ont eu en main cette semaine disent la même chose, c’est la limite.

Je n’ai pas testé le Max, mais j’ai un Air depuis un an et je sais ce que quelques grammes de plus font à une poche de veste. À 249, on entre dans le territoire du Duo, qui en fait 254 et qui, lui, se déplie.

iPhone 18 Pro // Crédits : Frandroid

La Dynamic Island a rétréci d’environ 25 %, parce que le récepteur infrarouge de Face ID est passé sous l’écran, dans une zone de pixels moins denses à gauche de l’heure. Face ID ne semble avoir rien perdu. L’îlot affiche désormais trois activités en direct au format compact, ou deux au format moyen, ce qui est utile une fois par semaine et agréable le reste du temps. Mais c’est juste 1 % d’écran en plus.

iPhone 18 Pro // Crédits : Frandroid

Un mot sur la couleur, parce que c’est le premier truc qu’on voit et le dernier dont les tests parlent. Apple a décidé que la star de l’année serait le Bordeaux, et toute la communication s’est alignée dessus, comme l’Orange cosmique l’an dernier.

Sauf que la vraie réussite de cette génération, c’est l’autre nouveauté : Glacier, le bleu. Un bleu clair, presque poudré à l’ombre, qui se réveille au soleil sans jamais virer au criard, et qui rappelle le Sierra Blue de l’iPhone 13 Pro que beaucoup n’ont jamais digéré de voir disparaître. Si j’en fais beaucoup, c’est que j’aime beaucoup.

Je trouve qu’il ne fait pas « nouvel iPhone » de manière ostentatoire, il fait juste joli. C’est mon choix, et à lire les retours depuis le lancement, je ne suis pas le seul. Vu la place que la couleur a prise dans le marketing d’Apple, on ne s’étonnera pas de voir le Glacier plus difficile à trouver que prévu.

Les couleurs très marquées ont toujours un revers : elles datent l’appareil dès que la génération suivante arrive. C’est à garder en tête.

iPhone 18 Pro Max // Crédits : Frandroid

Enfin, un point qui me laisse toujours aussi perplexe : le bouton Camera Control. Deux ans après son arrivée, j’ai remarqué que sa fonction capacitive était désormais désactivée par défaut. Ça en dit quand même long sur ce fameux bouton présenté comme une innovation. De mon côté, je n’ai toujours pas pris le réflexe de m’en servir. Il est là, mais je l’oublie. Une sorte d’appendice dont je ne sais pas bien quoi faire.

Écran : le meilleur de l’année, à un détail près

L’iPhone 18 Pro reprend l’écran du 17 Pro : 6,3 pouces, 2 622 x 1 206 pixels, 120 Hz adaptatif, Ceramic Shield 2 avec traitement antireflet. Apple n’annonce rien de neuf, et c’est précisément pour ça qu’il fallait le mesurer.

Notre sonde X-Rite i1 Display Pro et Calman relèvent un pic de 1 023 nits en SDR sur mire blanche, exactement les 1 000 nits promis pour l’usage courant, et 2 740 nits en HDR, là où Apple se contente d’annoncer 1 600. Le chiffre des 3 000 nits n’est pas mesurable en laboratoire, il ne se déclenche qu’en plein soleil avec le capteur de luminosité, mais à 2 740 sur une mire, on est déjà au niveau des meilleurs écrans Android, et une vidéo Dolby Vision ne réclame pas davantage.

Pour la fidélité, en SDR, sur mire ColorChecker, le ΔE 2000 moyen s’établit à 2,48, sous le seuil de 3 à partir duquel l’œil distingue un écart. En HDR, il tombe à 1,25, ce qui est excellent, et rare : la plupart des écrans de smartphone décrochent en HDR, l’iPhone fait l’inverse.

La seule réserve est donc le blanc, mesuré à 6 710 K, un peu au-dessus des 6 500 K de référence. C’est un blanc légèrement froid, un peu bleuté, qui se voit sur les gris plus que sur les couleurs, et que True Tone corrige au quotidien puisque nous l’avions désactivé pour la mesure. Ceux qui retouchent des photos activeront le mode Référence, mais il est fort probable que vous ne verrez jamais la différence.

Côté couverture, la dalle affiche 106,5 % du BT.709, 99,5 % du DCI-P3 et 72 % du BT.2020. Il signifie que l’écran est capable d’afficher presque tout ce que les contenus Ultra HD les plus larges contiennent, ce que très peu de dalles savent faire.

Précision utile pour comprendre pourquoi l’iPhone paraît parfois moins « pétant » qu’un Galaxy en mode Vif : iOS gère les couleurs strictement, un contenu sRGB reste dans le sRGB, et cette réserve de gamut n’est sollicitée que par les contenus qui la déclarent. L’iPhone n’offre pas de possibilité de changer de mode d’affichage, contrairement à Android. Bref, Apple a le plus large écran du marché et refuse de s’en servir pour flatter l’œil. C’est un choix, et c’est certainement le bon.

Enfin, on aurait aimé voir Apple adopter l’écran de confidentialité qu’on a chez Samsung sur le Galaxy S26 Ultra et que Xiaomi va introduire sur sa gamme Xiaomi 18 Pro. Pour le coup, je trouve que c’est vraiment une des fonctions qui aurait beaucoup d’intérêt dans la stratégie vie privée d’Apple. On la verra peut-être arriver sur une prochaine génération d’iPhone, même si, pour le moment, aucune fuite n’évoque ce sujet.

Performances et chauffe : Apple a fermé le dossier

L’A20 Pro est la première puce d’iPhone gravée en 2 nm, avec six cœurs CPU, un GPU passé de six à sept cœurs, deux Neural Engine de 16 cœurs, 50 % de bande passante mémoire en plus et toujours 12 Go de RAM.

La puce A20 Pro est la puce mobile la plus puissante que l’on ait testée à ce jour.

Ce sont des chiffres qu’on ne ressent pas en ouvrant Safari, tout iPhone récent est instantané, mais qu’on ressent en exportant une vidéo, en jouant vingt minutes, ou en faisant tourner un modèle de langage en local, où le gain approche 60 % de tokens par seconde. Le 18 Pro est, à ce jour, le meilleur smartphone pour l’IA embarquée, ce qui a une saveur particulière quand Siri AI n’est pas disponible en France.

Le vrai sujet, c’est la chaleur, et là Apple a fini le travail commencé l’an dernier. La chambre à vapeur triple de surface et court jusqu’au bloc photo, la puce est remontée en haut de la carte mère et collée à la chambre, la mémoire, jusqu’ici empilée dessus, est déportée à côté, et une plaque de cuivre nanomaclé isole l’écran. En benchmark prolongé, le 18 Pro chauffe autant qu’un 17 Pro, la chaleur se concentre sous le bloc photo au lieu de monter dans l’écran, et il tient plus longtemps avant de se brider. Au quotidien, photo intensive, navigation, vidéo, il chauffe moins et refroidit plus vite. Et surtout, il ne devient plus brûlant en charge, ce qui, on va le voir, change tout. Il y a trois ans, la chauffe était le premier défaut de l’iPhone. Ce n’en est plus un.

IA : ça tourne en local

Apple a doublé le Neural Engine de l’A20 Pro, passé de 16 à 32 cœurs, et parle d’une puissance d’IA multipliée par deux. C’est le genre de promesse qu’on peut vérifier, à condition de ne pas s’arrêter au score d’un benchmark. Nous avons donc testé à trois niveaux : un modèle de langage tiers dans une application que n’importe qui peut installer, le même modèle dans le moteur de Google pour comparer avec Android à armes égales, et les fonctions natives d’Apple Intelligence que les gens utilisent vraiment.

Trois niveaux, trois réponses différentes. J’avais l’iPhone Air sous la main, il me servira donc de référence : son A19 Pro partage CPU et Neural Engine avec l’iPhone 17 Pro, il joue donc le rôle de la génération précédente.

Alors, avant qu’on me saute dessus, je sais que son châssis n’est pas celui d’un Pro, sans chambre à vapeur et dans une épaisseur qui ne pardonne rien à la chauffe. C’est pourquoi tous les tests de cette section sont des rafales courtes, lancées à froid, et que l’Air a été laissé au repos entre chaque run : ce que nous mesurons ici, c’est la puce elle-même, plutôt que la capacité du smartphone à la refroidir. La tenue dans la durée fait l’objet de la section performances précédente, où l’Air joue au contraire le rôle du pire cas thermique, et c’est là qu’il faut aller pour savoir ce que change la chambre à vapeur.

Premier niveau, PocketPal, une application llama.cpp, avec Qwen3 4B quantifié en Q4_K_M et un prompt de plus de 2 000 tokens.

L’iPhone 18 Pro lit le prompt en 4,4 secondes et génère à 32,4 tokens par seconde, l’Air met 7,1 secondes à lire et génère à 16,6 tokens par seconde. La lecture est 1,6 fois plus rapide, l’écriture deux fois. Le ratio est instructif, parce qu’il est inversé par rapport au discours d’Apple : la génération d’un token consiste à relire les 2,5 Go de poids du modèle en mémoire, et c’est la bande passante qui la limite.

Les 50 % de bande passante supplémentaire de la nouvelle architecture mémoire se voient ici plus qu’ailleurs. D’ailleurs, llama.cpp tourne sur le GPU Metal et n’utilise pas le Neural Engine. Ce test laisse donc de côté les 32 cœurs et mesure ce que reçoit un développeur qui n’a rien fait de spécial pour l’iPhone, et c’est déjà beaucoup.

Face à Android, la comparaison devient une histoire d’écosystème avant d’être une histoire de silicium. Dans la même application PocketPal, le Xiaomi 17 Ultra et son Snapdragon 8 Elite Gen 5 plafonnent à 15 tokens par seconde, le Pixel 11 Pro Fold à 2,5 : sur Android, l’app tourne sur CPU, et activer le NPU Hexagon du Xiaomi divise la vitesse par trois faute de format compatible. Pour une mesure honnête, nous sommes passés par Google AI Edge Gallery, l’app de Google, avec le modèle de Google, Gemma 4 E4B, sur GPU partout : le 18 Pro décode entre 25 et 34 tokens par seconde selon les runs, l’Air et le Xiaomi tournent à 19, le Pixel à 7,5. Le Tensor G6 est excellent avec Gemini Nano dans les applications Google, et moyen dès qu’on sort de l’écosystème Google, l’Air et le Xiaomi font jeu égal, le 18 Pro est seul devant.

Et sur iPhone, une application tierce obtient l’accélération matérielle sans rien configurer. Sur Android, le même modèle peut aller six fois plus ou moins vite selon l’application, le réglage (CPU, GPU, etc.) et le smartphone.

Troisième niveau, les fonctions natives, et là le discours se retourne. Nous avons pris la même photo, prise avec l’Air, et lui avons fait subir les mêmes retouches sur les deux iPhone : effacer un panneau immobilier sur un balcon avec Nettoyer, enlever la plaque d’égout, redresser la perspective avec la nouvelle Réorientation, agrandir le cadre.

Le résultat est identique au pixel près, ce qui est logique puisque c’est le même modèle Apple Intelligence des deux côtés, et le 18 Pro va un peu plus vite, de l’ordre de quelques secondes sur une réorientation, rien qu’on remarque sans chronomètre.

Ça s’explique assez simplement, en fait : Apple calibre ses fonctions pour l’iPhone le moins puissant qui y a droit. Au passage, la Réorientation laisse des coins vides, que le smartphone remplit en inventant. Sur notre photo, le bâtiment de gauche a gagné une fenêtre qui n’existe pas. Elle est bien alignée, bien éclairée, et totalement fausse.

On a continué les tests, et on ne vous les livre pas tous ici. Mais on se demandait à quoi ressemble l’intelligence d’un modèle de 4 milliards de paramètres, celui qui tient dans un smartphone ? Nous avons soumis à Gemma 4 E4B, sur les quatre appareils, un petit problème de physique à partir de nos propres mesures de recharge, six valeurs à calculer (le test de charge est plus bas). Les quatre smartphones ont donné des réponses différentes, avec le même modèle et le même prompt, parce que l’arithmétique des GPU n’accumule pas dans le même ordre.

Aucun n’a dépassé 4 sur 6, tous ont réussi le rendement, trois sur quatre ont raté une soustraction. Et quand, par erreur, nous avons laissé le corrigé dans le prompt, le Pixel a calculé 18,25 W, a vu que la réponse attendue était 18,2, et écrit qu’il fallait « s’en tenir à cette valeur ».

Comme l’ensemble des autres, la puce du 18 Pro est plus rapide, mais elle n’est pas plus intelligente. C’est même le fil rouge de cette section : plus on s’approche des usages qu’Apple a prévus, moins la puce compte, plus on s’en éloigne, plus elle écrase tout. Le Neural Engine 32 cœurs est un investissement pour les applications de demain, et pour l’instant, on est encore loin de l’exploiter à fond.

Bref, avec sa puce A20 Pro, l’iPhone 18 Pro reste le smartphone le plus doué pour l’IA embarquée, alors même que Siri AI n’est pas disponible en France. C’est sans doute là que le bât blesse.

À quoi sert toute cette puissance, alors ?

Il faut poser la question franchement, parce que je me la pose : qui, dans la vraie vie, va faire tourner un modèle de langage dans une application tierce sur son smartphone ? Presque personne.

Nos tokens par seconde sont la seule façon de mesurer le Neural Engine, mais au quotidien, il travaille surtout ailleurs. Ce qui s’en sert, c’est tout le reste, et tout le reste est invisible. Chaque photo passe par des réseaux de neurones avant même d’apparaître à l’écran, pour la fusion des expositions, le débruitage, le détourage, la balance des blancs. Le clavier en utilise pour la correction, Photos pour la recherche, Dictaphone pour la transcription, l’Appareil photo pour reconnaître un texte ou un objet dans le viseur, Face ID pour vous ouvrir le téléphone, et Siri pour à peu près tout ce qu’il fait encore chez nous.

Ces fonctions tournent en local, sans réseau, des centaines de fois par jour, et c’est précisément pour elles qu’Apple a doublé son Neural Engine. Le problème, c’est qu’aucune ne se laisse mesurer. On ne chronomètre pas le débruitage d’une photo, on ne compare pas la correction du clavier entre deux puces, on ne sait pas si un iPhone 18 Pro trouve « la maison bleue » dans Photos plus vite qu’un Air parce que la recherche est faite avant qu’on tape. Le gain existe probablement, réparti en millisecondes sur mille gestes, et il est impossible à démontrer. C’est la limite de ce test, et de tous les tests : on mesure la puissance là où elle se voit, et elle sert surtout là où elle ne se voit pas. Apple le sait, et c’est sans doute pour ça que sa communication parle de « 2x » plutôt que de vous montrer où.

Et pour demain, même si ce n’est pas l’objet de ce test, je pense à un système d’exploitation qui ne lance plus des apps mais les fabrique, un agent local qui comprend le besoin et construit l’outil, sans rien envoyer à personne. Et ça n’a rien de science-fiction, puisque c’est ce que les modèles frontière font déjà dans le cloud.

Ce qui bloque, c’est de les faire tenir dans une poche, et là, franchement, c’est la physique qui décide, quelle que soit l’ingéniosité qu’on y met. Un modèle de classe frontière compte des centaines de milliards de paramètres ; même quantifié, DeepSeek en version 671 milliards demande un Mac Studio à 512 Go de mémoire unifiée et plus de 800 Go/s de bande passante pour tourner.

Un iPhone 18 Pro a 12 Go et une fraction de cette bande passante, et l’on a vu ce que cette bande passante fait aux tokens par seconde. Le contexte est l’autre mur : un agent de codage qui charge un dépôt entier dépasse largement le cache mémoire qu’une carte de 16 Go peut contenir, alors pour une puce de smartphone, n’en parlons pas. Reste alors ce qu’on a testé, les modèles de 4 milliards de paramètres, et ils sont bluffants pour leur taille, mais leur taille est le sujet.

Ma propre expérience est plus modeste et plus parlante : quatre calculs de physique de niveau lycée, et Gemma 4 E4B en rate deux sur six (l’arithmétique de tête est une faiblesse de tous les modèles de langage, mais bon…).

La bonne nouvelle, c’est que la frontière descend : un modèle de 3 à 14 milliards fait aujourd’hui ce qu’un 70 milliards faisait il y a douze à dix-huit mois. Le rêve viendra donc, par le bas, et l’iPhone qui aura la mémoire et la bande passante pour l’accueillir n’est pas encore sorti.

iOS : du bon et de l’absent

Commençons par ce qui ne fait pas de vagues, parce que c’est rare : iOS 27 sur l’iPhone 18 Pro est un système fini. Pas de bug bloquant depuis une semaine, pas de saccade dans les animations, pas de réveil paresseux de l’écran, pas de Wi-Fi qui décroche, aucune de ces petites misères qui accompagnent d’ordinaire un nouvel iPhone jusqu’à la version .1 ou .2.

Le 120 Hz est exploité partout, les transitions sont propres, l’application Appareil photo a intégré ses commandes Pro sans alourdir l’interface, et les fonctions Apple Intelligence disponibles chez nous, Nettoyer, la Réorientation, les Outils d’écriture, Image Playground, tournent sans accroc. Après deux ans de refontes, Apple a livré un iOS qui ne demande rien d’autre que d’être utilisé. Ça méritait d’être dit avant la suite.

Parce que la suite, c’est l’absence. Siri AI, la vraie nouveauté logicielle de l’année, celle qui a occupé une bonne demi-heure de la WWDC ainsi que des nouveautés lors de la keynote de septembre, n’est pas disponible dans l’Union européenne au lancement d’iOS 27, et Apple n’a aucune date à donner : d’après Craig Federighi, patron du logiciel d’Apple, aucun calendrier n’existe pour l’iPhone et l’iPad en Europe. Apple invoque le DMA et affirme que les régulateurs n’ont accepté aucune de ses propositions, dont un mécanisme baptisé Trusted System Agent pensé comme intermédiaire technique entre Siri et les assistants concurrents, avec un déploiement progressif sur dix-huit mois.

Ces mêmes utilisateurs auront pourtant Siri AI sur Mac et sur Vision Pro, et rien sur le smartphone qu’ils viennent de payer 1 479 euros. Et ce qui manque n’est pas un détail.

Dans les tests, ce qui convainc vraiment, c’est moins la conversation que la lecture de l’écran : prendre un numéro dans un document, créer un rappel depuis une page produit, reconnaître un objet filmé, des gestes qui remplacent des dizaines de copier-coller par jour.

Un iPhone 18 Pro français en France, c’est un iPhone 18 Pro amputé de ce qu’Apple a présenté comme sa raison d’être en 2026. On peut contourner ce blocage avec un compte Apple américain ou canadien, mais c’est de la bidouille.

Le second défaut est plus terre à terre et, à l’usage, plus agaçant encore : la dictée vocale est devenue une horreur. Ce n’est pas une régression de l’iPhone 18 Pro, c’est une régression d’iOS 27 en français : ponctuation aléatoire, mots avalés en fin de phrase, noms propres massacrés, corrections qui repassent derrière et remplacent un mot juste par un mot faux, et une latence qui fait que le texte arrive par paquets plutôt qu’au fil de la voix.

Sur un appareil qui embarque un Neural Engine 32 cœurs et un modèle de transcription local capable de retranscrire dix minutes de mémo en quelques secondes dans Dictaphone, c’est incompréhensible : la brique existe, elle n’est pas branchée sur le clavier. C’est fou de se dire que les fonctions basiques d’intelligence artificielle fonctionnent toujours aussi mal. C’est comme la recherche dans les réglages, qui marche une fois sur deux.

Notre conseil est simple et un peu honteux pour Apple : passez par une application tierce. Les claviers et dictaphones basés sur Whisper ou un modèle équivalent font mieux, en français, avec les noms bretons, sans connexion, et ils insèrent le texte dans n’importe quelle application.

Photo : le diaphragme ne sert presque à rien, l’ouverture sert à tout

D’abord, ce qui ne change pas : les trois capteurs 48 mégapixels, principal, ultra grand-angle et téléobjectif 4x, sont ceux du 17 Pro, et la caméra avant 18 mégapixels aussi.

Ce tableau, ci-dessus, montre surtout qu’Apple ne fait évoluer que par petites touches la partie matérielle de ces caméras. Apple ne prend pas de risque, et ça peut lui être préjudiciable sur certains aspects.

iPhone 18 Pro // Crédits : Frandroid

L’ouverture variable, tout ça pour ça

La nouveauté est dans l’objectif principal, c’est le diaphragme mécanique à six lamelles découpées au laser, piloté par un moteur, qui offre quatre positions : ƒ/1,48, ƒ/1,8, ƒ/2,8 et ƒ/4.

On avait expliqué le principe, et on s’est posé une question : pourquoi Samsung, Sony et Xiaomi ont-ils abandonné l’idée ? Une semaine plus tard, j’ai la réponse. Parce que sur un capteur de cette taille, fermer le diaphragme ne sert presque à rien.

Pour s’en rendre compte, autant regarder ce que le mode automatique nous sort. Sur plus de deux cents photos avec le capteur principal, le smartphone a choisi ƒ/1,48, 76 % du temps, ƒ/1,8 à 16 %, ƒ/4, 8 % du temps, et ƒ/2,8 jamais. D’ailleurs, il ne ferme que sur des scènes très lumineuses ou quand il détecte un groupe à plusieurs distances. Et mes photos ont été réalisées sur des journées de fin d’été ensoleillées.

Comme n’importe quel mode automatique, il préfère ouvrir au maximum dès que possible. Détail amusant relevé par nos confrères de PetaPixel : en automatique, le diaphragme n’est pas limité aux quatre crans, il se règle en continu entre ƒ/1,48 et ƒ/4. Les quatre positions simplifient l’interface sans marquer la limite du mécanisme, et les applications tierces pourraient un jour y avoir accès.

C’est logique, mais forcer ƒ/4 en basse lumière est une mauvaise idée, le smartphone compense en montant les ISO sur la même scène, et la photo devient grise et granuleuse. De jour, sur un paysage, l’écart de netteté entre ƒ/1,48 et ƒ/4 existe en zoomant à 100 %, et la diffraction sur un si petit capteur en efface la moitié.

Pourtant, le piqué n’est pas le même selon l’ouverture, et l’ordre est parlant : du meilleur au moins bon, ƒ/2,8, ƒ/1,8, ƒ/4, puis ƒ/1,48. Grand ouvert, le centre tient mais les bords se ramollissent, comme sur n’importe quel objectif poussé à sa pleine ouverture ; fermé à fond, c’est la diffraction qui grignote. L’ouverture la plus nette est donc ƒ/2,8, celle que le mode automatique n’a jamais choisie sur nos deux cents photos, et la moins nette est ƒ/1,48, celle qu’il a choisie trois fois sur quatre.

Le point idéal est au milieu, là où le 17 Pro était déjà, et l’iPhone le sait : il préfère la lumière au piqué, et il a raison, parce que personne ne regarde ses photos en zoomant à 100 % dessus.

La seule utilité réelle, c’est la photo de groupe où l’on veut le dernier rang net, et ƒ/1,8 y arrivait déjà beaucoup de fois. Le diaphragme est un gadget. Un beau gadget, qui fait des étoiles à six branches sur les lampadaires et permet des poses d’une seconde avec de vraies traînées lumineuses, mais ça reste gadget.

Le ƒ/1,48 lui-même, en revanche, a un effet bien concret. Le 17 Pro était figé à ƒ/1,78, et passer à ƒ/1,48 laisse entrer environ 45 % de lumière en plus. La nuit, ça se voit sur chaque photo : à vitesse égale, le 18 Pro descend de 12 500 à 10 000 ISO, le mode Nuit se déclenche moins souvent et dure moins longtemps quand il se déclenche, les sujets qui bougent sont moins flous, et les images ont plus de détail, moins de bruit, des couleurs plus riches. C’est le plus grand progrès en photo de nuit sur iPhone depuis le mode Nuit lui-même, et il n’a rien à voir avec la variabilité de l’ouverture. Il y a une ironie là-dedans : sans le mécanisme qui permet de refermer, Apple n’aurait probablement jamais osé une ouverture aussi grande. Le gadget a servi d’alibi à la vraie nouveauté.

Il faut dire que ce qu’on attendait vraiment cette année, c’était autre chose que l’ouverture variable. Depuis quatre générations, la rumeur annonçait le passage à un capteur 1 pouce sur l’iPhone Pro, et depuis quatre générations, Apple reste sur son 1/1,28 pouce.

Un capteur 1 pouce, c’est 116 mm² de surface sensible contre 72 sur l’iPhone, soit 60 % de lumière en plus à chaque déclenchement, sans rien demander au logiciel. Ça se traduit par du bruit en moins la nuit, une dynamique plus large en plein jour, et surtout une profondeur de champ naturelle qui permet un flou d’arrière-plan optique, sans mode Portrait, sans détourage approximatif des cheveux.

C’est pour ça que Xiaomi, Vivo, Oppo et Huawei y sont passés dès 2022 avec les IMX989 puis LYT-900 de Sony : quand on court après Apple sur le traitement d’image, le moyen le plus direct de gagner est de changer les règles et d’apporter plus de photons.

Et c’est physique. Un capteur de cette taille exige une optique plus longue, donc un module plus épais, un bloc photo qui déborde, un poids qui grimpe, et une profondeur de champ parfois trop courte pour une photo de groupe.

Apple, qui vend des smartphones qui tiennent dans une poche et des photos qui sont nettes du premier coup, a toujours refusé cet échange.

L’ouverture variable est sa réponse : plutôt que d’agrandir le capteur, permettre au même capteur de choisir entre plus de lumière et plus de netteté. C’est intéressant, c’est cohérent avec la maison, et c’est exactement ce que le duel avec le Xiaomi 17 Ultra, capteur 1 pouce mais ouverture fixe, a tranché. Le diaphragme ne compense pas du tout la surface, Apple a encore repoussé d’un an ce qui aurait vraiment un intérêt pour cette caméra principale.

Le nouveau traitement d’image : la vraie nouveauté

Le capteur principal n’a pas changé, mais ce qu’Apple en fait, si. Le 18 Pro inaugure une chaîne de traitement computationnel entièrement revue pour la caméra 48 mégapixels, qui promet des images plus nettes et plus détaillées. Je l’ai constaté, et pas seulement en zoomant à 100 %. Les feuillages, les briques, les cheveux, tout ce qui faisait de la bouillie fine sur un 17 Pro garde ici sa structure. Les halos de sur-accentuation autour des contours, la signature iPhone depuis dix ans, ont presque disparu, et le grain en basse lumière est plus fin, plus régulier, plus proche d’un grain de film que d’un bruit numérique. Le progrès tient du petit pas plutôt que du bond, mais c’est le pas qui manquait.

Ce nouveau traitement a une conséquence directe sur les carnations. Les tons de peau sont plus naturels, surtout en basse lumière, où l’iPhone avait tendance à tirer vers le jaune ou le gris. Attention à ne pas mélanger deux choses : cette amélioration-là vient de la chaîne de traitement et de la lumière supplémentaire captée à ƒ/1,48, elle s’applique à toutes les photos. Ce qui suit, les textures, est un choix esthétique en plus.

Styles photographiques 3 : un système de rendu, toujours sans signature

Il faut d’abord rappeler ce que sont les Styles photographiques, parce que beaucoup les confondent avec des filtres. Un filtre se pose sur une image finie et teinte tout uniformément. Un Style intervient pendant le traitement, évalue chaque photo, ajuste les couleurs et la chaleur zone par zone, et laisse les tons de peau tranquilles. C’est la réponse d’Apple aux simulations de film de Fujifilm, et depuis le 16 Pro, on peut changer de Style après coup dans Photos, à condition d’avoir shooté en HEIF. Ni le JPEG ni le RAW n’y ont droit, parce que le Style a besoin des données HDR de référence du HEIF pour être recalculé.

La troisième génération, réservée au 18 Pro, ajoute un second axe. Jusqu’ici on choisissait une couleur, Standard, Ambre, Or, Or rose, Lumineux, Neutre, Rose froid, plus les noirs et blancs. Désormais on choisit aussi une texture : Standard, Peau douce, Eclat ou Film, chacune avec un curseur d’intensité, et un interrupteur Grain qui s’ajoute à n’importe laquelle. Apple propose des combinaisons toutes faites, « Or rose + Eclat », « Or + Peau douce », et on peut composer la sienne. La texture est appliquée après la prise de vue, donc invisible dans le viseur, ce qui déroute au début, et elle se modifie ou se retire ensuite dans Photos, sans perte.

Peau douce est la plus attendue et la plus risquée. Elle n’a rien d’un mode beauté : les traits restent intacts, seule la netteté des micro-détails de la peau diminue (pores, ridules, petites imperfections), sans le flou uniforme des filtres de réseaux sociaux. Même au maximum, le résultat reste réussi.

Eclat diffuse les hautes lumières, un peu comme un filtre black mist vissé devant un objectif de cinéma, et sauve les joues cramées par un soleil de face.

Film est la plus subtile : elle cherche les zones de fort contraste, y ajoute une halation à la Cinestill, et réduit légèrement la dynamique des hautes lumières pour imiter les limites de la pellicule. Avec le Grain activé, une photo de rue au 18 Pro ressemble à s’y méprendre à un scan de négatif. Sauf que le Grain n’a pas de curseur. Apple en dose la quantité photo par photo, et c’est tout. Ce qui est dommage car les trois autres textures ont un réglage, celle-là non. Cela changera peut-être l’année prochaine.

C’est différent des styles qu’on trouve sur Instagram. Un filtre dégrade une image finie, un Style pilote le traitement à la source, à partir des données brutes, avec une décision par photo. Le grain est calculé sur le bruit réel, au lieu d’être plaqué. La halation se pose là où de la lumière déborderait vraiment sur du film. Et tout ça, on le règle une fois, on oublie, et toutes les photos sortent avec le même caractère, sans retouche. C’est ce que les smartphones Android font depuis longtemps, avec une grosse différence selon moi.

Cette différence, c’est la signature. Quand Xiaomi met du Leica dans ses smartphones, cela va bien au-delà d’un logo sur le dos : il y a « Leica Authentic », avec ses ombres profondes, son vignettage, ses tons désaturés qu’on reconnaît d’une photo à l’autre sans lire l’EXIF, et « Leica Vibrant » pour ceux qui veulent le contraire.

Vivo a Zeiss, Oppo a Hasselblad, Honor a Harcourt. Un nom, une histoire, un rendu qu’on choisit comme on choisit une pellicule. Apple, elle, donne une boîte à outils. Sept couleurs, quatre textures, un grain, à combiner. C’est plus souple, c’est plus honnête, et c’est parfaitement anonyme. Personne ne dira « j’ai shooté en Ambre + Glow » comme on dit « j’ai shooté en Classic Chrome ». Le rendu par défaut reste ce qu’il a toujours été, le regard neutre et un peu clinique d’Apple, celui qui fait des photos justes et rarement des photos qu’on a envie d’encadrer. Un système de rendu, aussi bon soit-il, n’est pas un regard. Après cinq ans de Styles, l’iPhone n’a toujours pas de look, et je pense que c’est voulu.

Petit aparté : la page d’Apple indiquait que les réglages de texture et de grain arriveraient avec iOS 27 sur tous les iPhone compatibles avec la dernière génération de Styles, c’est-à-dire les séries 16, 17 et l’iPhone Air. La page a été modifiée, la fonction est désormais réservée aux 18 Pro, 18 Pro Max et à l’iPhone Duo. Apple rattache les textures à sa nouvelle chaîne de traitement, ce qui peut se défendre, mais c’est désormais une exclu de la nouvelle génération.

Basse lumière : le diaph fait le travail que le capteur ne fait pas

C’est la situation où le 18 Pro justifie son ouverture variable. À f/1,48 contre f/1,78 sur le 17 Pro, la lentille laisse passer 45 % de lumière en plus, et Apple annonce des performances en faible luminosité supérieures d’environ 50 %, ce qui est la même chose dit autrement.

Et tout se joue dans l’optique, avant même le traitement logiciel : à scène égale, le capteur reçoit plus de photons, donc l’iPhone peut baisser les ISO ou raccourcir la pose, et c’est le second choix qui compte. Les scènes sombres qui imposaient une pose longue et un sujet immobile passent avec une vitesse plus courte, donc moins de flou de bougé sur un enfant, un chien, un passant.

Et les résultats sont bons dans les scènes sombres, cela diminue le recours aux longues poses du mode Nuit. DxOMark classe la basse lumière du 18 Pro parmi les meilleures, en photo comme en vidéo, avec une exposition juste, une plage dynamique large et une gestion du bruit qui préserve le détail plutôt que de le lisser.

C’est ce que nous avons vu aussi : moins de mode Nuit, des rues éclairées prises à main levée, un rendu qui reste un peu granuleux dans les textures parce qu’Apple préfère le grain à la bouillie. Reste une réserve, physique elle aussi : à f/1,48 le piqué est moins bon qu’à f/1,8 ou f/2,8, la lentille grande ouverte étant plus douce sur les bords.

Ultra grand-angle : rien de neuf, rien à redire

Le module 48 mégapixels est celui du 17 Pro, à l’identique, et c’est très bien ainsi. Il sert deux usages, le paysage et la macro, et il fait les deux sans mauvaise surprise : les couleurs sont alignées sur le capteur principal, la dynamique tient, les bords ne s’effondrent pas, la macro accroche à quelques centimètres.

Ce n’est pas le meilleur ultra grand-angle du marché en basse lumière, où le capteur plus petit et l’ouverture fixe se font sentir, mais Apple a arrêté depuis longtemps de le vendre comme autre chose qu’un complément. C’est aussi le module que les photographes pros trouvent le plus négligé du téléphone, et ils n’ont pas tort : c’est le seul des trois qui n’a profité ni d’une optique nouvelle ni du nouveau traitement.

Zoom : le module qu’Apple a laissé de côté

C’est là que le 18 Pro perd du terrain. Beaucoup de terrain.

DxOMark place l’iPhone 18 Pro à la deuxième position mondiale avec 172 points, à seulement trois points du Huawei Pura 80 Ultra. Un rang qu’il doit à ses scores record en vidéo et en basse lumière, mais pas à son zoom qui reste son maillon faible.

Le téléobjectif est le même 48 mégapixels 4x, équivalent 100 mm, hérité du 17 Pro, avec sa promesse de « 8x en qualité optique » qui n’est en réalité qu’un recadrage dans le capteur.

En face, les smartphones chinois alignent depuis deux générations des périscopes 200 mégapixels, des focales de 75 à 120 mm avec vrai zoom continu, et une seconde optique longue sur les Ultra. Le Xiaomi 17 Ultra, qui nous a servi de comparaison, propose un téléobjectif 75-100 mm de 200 mégapixels, le Galaxy S26 Ultra pousse encore plus loin.

Comme prévu, les détails au téléobjectif longue portée sont en retrait par rapport aux smartphones concurrents.

À 4x, l’iPhone reste très bon. Au-delà, il s’accroche par traitement et ça se voit. Le 8x « qualité optique » est un recadrage au centre du capteur 48 mégapixels du téléobjectif, donc une image de 12 mégapixels qu’on demande à un traitement de remplir : les détails deviennent des aplats, les textures sont inventées, les contours crantés, le feuillage se transforme en mousse. Sur les mêmes scènes, le Xiaomi 17 Ultra à 8x recadre dans un capteur de 200 mégapixels et garde de la matière, des lettres lisibles sur une enseigne, du relief sur une façade, là où l’iPhone livre une peinture. Ça ne se voit pas sur l’écran du téléphone, ça se voit dès qu’on ouvre la photo sur un écran d’ordinateur. Si vous aimez photographier des concerts, des matchs, des animaux ou vos enfants au fond d’un gymnase, c’est le mauvais smartphone à acheter, et ce n’est pas nouveau : c’est la troisième année qu’Apple laisse ce module en l’état pendant que la concurrence en fait son argument numéro un.

Vidéo : la seule catégorie où l’iPhone n’a pas d’adversaire

En vidéo, le 18 Pro fait ce que les iPhone font depuis dix ans, en mieux, et le diaphragme y trouve son vrai emploi.

La règle du cinéma veut une obturation à 1/48 s pour 24 images par seconde, ce qui, en plein soleil et à ouverture fixe, oblige à monter l’obturation et hache le mouvement, ou à visser un filtre ND.

Le 18 Pro ferme à ƒ/4 : trois diaphs de moins, sans accessoire, avec un flou de mouvement naturel. Pour comprendre pourquoi c’est important, il faut revenir à ce qu’un boîtier fait et qu’un smartphone ne sait pas faire.

Une exposition se règle avec trois paramètres : la sensibilité, la vitesse d’obturation et l’ouverture. Un smartphone à ouverture fixe n’en a que deux. En plein jour, sa sensibilité est déjà au minimum, il ne lui reste donc que la vitesse pour ne pas cramer l’image, et il la monte à 1/1000 s ou 1/2000 s.

Le résultat obtenu, c’est ce rendu haché, stroboscopique, des vidéos de smartphone en plein soleil, où chaque image est trop nette pour que l’œil relie le mouvement. Un vidéaste veut l’inverse : une obturation à 1/48 s pour 24 images par seconde, la règle des 180°, celle qui donne le flou de mouvement du cinéma. Sur un boîtier, il ferme le diaphragme et l’affaire est réglée. Sur un smartphone, il visse un filtre ND devant l’objectif, un accessoire qui coûte cher, qui tombe souvent.

Le 18 Pro est le premier iPhone, et le seul smartphone vendu chez nous avec un vrai troisième paramètre : Samsung l’avait tenté sur le Galaxy S9 et S10 avant d’abandonner, Xiaomi sur ses 13 et 14 Ultra avant d’y renoncer, et seul Huawei le maintient sur ses Pura Ultra, qu’on n’achète pas ici.

En plein soleil de midi, ƒ/4 ne suffit pas toujours à tenir le 1/48 s et un ND reste utile, mais dans tout le reste, à l’ombre, en fin de journée, en intérieur lumineux, le diaphragme fait le travail seul. Et en 4K, la perte de piqué à ƒ/4 qu’on mesurait en photo ne se voit plus, ce qui rend toute la plage utilisable. C’est en vidéo que l’ouverture variable justifie son moteur.

Autour, tout est en place : Dolby Vision jusqu’en 4K 120 images par seconde sur le capteur principal, stabilisation par déplacement du capteur, ProRes, Log, et surtout une cohérence entre les trois modules que personne n’égale, même exposition, même colorimétrie, même rendu quand on bascule d’une focale à l’autre en cours de plan.

Et ça vaut aussi bien pour le capteur principal que pour l’ultra grand-angle, avec une stabilisation qui reste fluide même en courant et un rendu des tons chair que je trouve en progrès en basse lumière.

Alors, oui, un smartphone Android filme parfois aussi bien sur un plan. Mais je n’en ai trouvé aucun qui filme aussi bien sur dix plans d’affilée. Ce qui explique pourquoi l’iPhone est plébiscité pour la vidéo.

Le mode manuel, la surprise

L’autre nouveauté, plus discrète et plus utile, ce sont les commandes Pro dans l’application native, après dix-neuf ans de refus. Au passage, c’est un coup dur pour beaucoup d’applications tierces qui en ont fait leur business.

Ouverture, vitesse d’obturation de 1/6000 à une seconde, balance des blancs, mise au point manuelle, histogramme, dans un tiroir personnalisable qu’il faut activer soi-même, sans quoi on ne le voit jamais ; Apple a visiblement voulu que le grand public ne tombe pas dessus par accident. Par contre, pas d’ISO manuelle, ce qui est étrange, et un bouton Camera Control qui ne pilote ni l’ouverture ni la vitesse, ce qui est absurde. Interrogée sur les ISO, Apple répond que chaque photo est une fusion de nombreuses expositions et qu’un réglage ISO n’aurait pas de sens dans ce contexte. On peut l’entendre en photo. En vidéo, où il n’y a pas de fusion et où l’on veut être à l’ISO de base pour tirer le maximum de dynamique en Log, l’excuse ne tient pas.

Mais la balance des blancs manuelle et la mise au point à la molette, derrière une vitre ou dans le noir, sont deux fonctions que j’attendais depuis des années et qui vont mettre au chômage la moitié des apps photo tierces. Le suivi de mise au point d’un double tap, qui tient un sujet même s’il sort et revient dans le cadre, marche remarquablement, y compris sur un chat. C’est du niveau d’un hybride récent, et sur un point il fait même mieux : quand le sujet sort du champ, l’iPhone ne refait pas la mise au point sur ce qui reste, il attend. Deux réserves : le suivi se réinitialise à chaque arrêt d’enregistrement en vidéo, il faut re-taper le sujet à chaque plan, et il est incompatible avec la rafale. Le mode Cinématique s’applique après coup sur une vidéo normale, avec des résultats inégaux.

Et Apple Reference Image, la signature des photos dès le capteur, est la bonne idée de l’année que nous n’avons pas en Europe au lancement.

Autonomie : la batterie d’un Max dans un Pro

La cellule du 18 Pro fait 4 056 mAh, d’après l’étiquette énergétique européenne, contre 3 988 sur le 17 Pro. Soixante-huit milliampères-heures, autant dire rien. Et pourtant Apple annonce que le 18 Pro tient aussi longtemps qu’un 17 Pro Max, et l’étiquette européenne, mesurée selon un protocole identique d’une année sur l’autre, donne 52 heures d’endurance contre 47 pour le 17 Pro, cinq de plus avec la même batterie. Tout le gain vient de la puce en 2 nm, de l’écran et du modem.

En usage, c’est un smartphone d’un jour et demi, deux jours si la journée est calme, avec la luminosité haute, du CarPlay, des accessoires en Bluetooth et beaucoup de photos. Le 17 Pro finissait ses journées chargées sous 20 %, le 18 Pro les finit autour de 35. Le progrès tient à l’efficacité plutôt qu’à une révolution de chimie, et il se voit. C’est d’ailleurs toute la force de l’iPhone : c’est l’efficience, et ça a peu de sens de comparer la capacité de batterie avec celle d’un smartphone chinois.

Et il y a deux précisions françaises importantes. Nos modèles gardent un tiroir nano-SIM, et donc une batterie légèrement plus petite que les versions eSIM seule vendues aux États-Unis ou au Japon, deux heures de vidéo en moins sur la fiche.

En contrepartie, le modem C2 d’Apple équipe les deux tailles chez nous, quand le Pro Max américain garde un Qualcomm. Je n’ai mesuré aucune différence de débit entre le C2 et le modem du 17 Pro, mais une reprise de réseau qui semble plus rapide en sortant du mode avion, un gain que je n’ai pas pu quantifier sur une semaine de test. Si vous hésitiez à acheter votre Pro Max à New York, c’est un argument pour rester ici.

Réseau et communication : bonjour C2

L’iPhone 18 Pro reprend la puce sans fil maison Apple N1 inaugurée l’an dernier : Wi-Fi 7 (802.11be) sur 2,4, 5 et 6 GHz en MIMO 2×2, Bluetooth 6 et Thread, le protocole domotique qui permet au téléphone de parler directement aux accessoires Matter sans passer par un hub. Rien de nouveau ici, mais rien à envier non plus au meilleur des Android.

La vraie nouveauté est cellulaire, et elle est historique pour un Pro : le modem est désormais un Apple C2, et non plus un Qualcomm. Après le C1 de l’iPhone 16e et le C1X de l’iPhone Air, c’est la première fois qu’Apple confie ses modèles haut de gamme à sa propre puce, partout dans le monde à une exception près, le 18 Pro Max vendu aux États-Unis, qui garde un Qualcomm, sans doute pour honorer a minima le contrat qui lie les deux entreprises jusqu’en mars 2027.

Apple promet des envois nettement plus rapides que sur le C1X et 15 % d’énergie en moins, et prend enfin en charge la 5G mmWave, qui ne concerne que les Américains. Chez nous, on a la 5G sub-6 GHz en MIMO 4×4 et le Gigabit LTE, soit exactement la fiche du 17 Pro sur le papier.

Lors de mon test sur le réseau Orange à Nantes, je n’ai constaté aucune différence d’accroche ni de débit avec l’iPhone 16 Pro et son Qualcomm, y compris en train, et le partage de connexion a tenu une journée de travail sans coupure. Le gain, s’il existe, se cache dans l’autonomie plutôt que dans les débits, ce qui est cohérent avec ce qu’Apple met en avant.

L’iPhone 18 Pro accepte en France une nano-SIM et une eSIM, ou deux eSIM, là où les modèles américains ont abandonné le tiroir depuis deux ans. En Chine, les iPhone 18 Pro ont même deux SIM physiques.

Le reste est en place : puce Ultra Wideband de deuxième génération pour la localisation de précision des AirTag et de vos proches dans Localiser, NFC avec mode lecteur et Cartes Express, GPS double fréquence, et la connexion satellite pour les SOS d’urgence et Localiser, incluse deux ans.

Le port USB-C reste en USB 3 à 10 Gbit/s avec sortie DisplayPort 4K HDR, indispensable pour décharger du ProRes ou enregistrer en ProRes RAW sur un SSD externe.

Charge : une bonne surprise

Apple a monté d’un cran sa promesse cette année : les iPhone 18 Pro et 18 Pro Max récupèrent 50 % de batterie en environ 15 minutes, contre une vingtaine de minutes sur la génération précédente.

Chez nous, avec un chargeur 120 W et un wattmètre, l’iPhone 18 Pro est passé de 1 % à 50 % en 19 minutes, 80 % en 35 minutes, 98 % en 63 minutes. Le pic a plafonné à 39 W, tenu pendant six minutes, avant de redescendre par paliers : 30 à 33 W jusqu’à 17 minutes, 22 à 25 W jusqu’à la demi-heure, 18 à 20 W jusqu’à 36 minutes, puis moins de 10 W pour la fin. Sur toute la session, 19,3 Wh sont sortis de la prise, soit 18 W de moyenne réelle.

Pour atteindre la vitesse maximale, il faut un chargeur compatible USB Power Delivery 3.1 et Adjustable Voltage Supply (AVS), et la puissance affichée sur l’adaptateur ne suffit pas, au point que certains chargeurs de MacBook bien plus puissants n’y arrivent pas. À ce jour, le seul chargeur du commerce qui coche ces cases est l’adaptateur dynamique 40 W d’Apple, capable de monter à 60 W.

Notre wattmètre le confirme sans ambiguïté : la tension USB est restée à 14,5 V du début à la fin, le profil PD 15 V classique, là où la

phase rapide avec le chargeur officiel tourne autour de 18 V. L’iPhone 18 Pro n’a jamais négocié l’AVS avec notre brique 120 W, il s’est contenté des 40 W d’avant.

Autrement dit, si vous rebranchez le 18 Pro sur le chargeur de votre 17 Pro, ou sur presque n’importe quel chargeur GaN acheté ces trois dernières années, vous gardez la recharge de l’an dernier. Les 15 minutes d’Apple existent, mais elles se vendent 45 euros à part.

Prix : 150 euros de plus

1 479 euros en 256 Go, 1 729 en 512, 2 229 en 1 To, 2 979 en 2 To. C’est 150 euros de plus que l’an dernier à chaque palier, une hausse que le prix de la mémoire explique en partie, et qui se concentre sur les grosses capacités, le saut de 512 Go à 1 To coûte désormais 500 euros.

Apple a relevé tous ses anciens iPhone le même soir, si bien que l’écart entre un 18 Pro et un 17 reste celui de l’an dernier. C’est le marché de 2026, et Samsung fait pareil.




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创意家庭生活新灵感
秋季山林摄影随笔
寻找古老街巷的故事
午后阅读与咖啡生活
自然世界中的美丽色彩
健康生活每日新发现
海边黄昏摄影故事
现代城市建筑艺术观察
冬日森林里的宁静时光
世界美食与文化生活
山间小屋的温馨故事
四季花草种植生活记录
艺术世界里的奇妙发现
清晨河畔的绿色风景
简单快乐家庭生活日记
历史建筑文化漫步记录
星空下的安静阅读时刻
绿色生活与自然探索
雨后城市的清新早晨
创意家居设计生活分享
乡村田野里的美好时光
古典艺术与现代生活
湖边日落的温暖故事
春日森林里的清晨阳光
城市生活中的艺术发现
秋日花园的温暖故事
探索古老文化的魅力
湖边午后的阅读时光
现代家庭生活创意分享
夏日山谷自然摄影日记
简单快乐的每日生活
传统手工艺术探索笔记
城市夜晚的美丽灯光
绿色生活与自然故事
冬日咖啡与温暖时刻
世界美食文化生活记录
山间小路旅行随笔
星空下的宁静生活
创意家居空间设计灵感
四季花草自然观察记录
雨后森林里的清新空气
历史建筑背后的文化故事
清晨河畔的悠闲时光
艺术世界里的奇妙色彩
乡村田野的美好记忆
健康生活每日小知识
海边日落摄影生活日记
古镇街巷文化漫步
花园里的快乐生活故事
探索自然世界的新发现
午后阳光里的安静时光
现代城市生活观察笔记
春日湖边的悠闲生活
城市街角的艺术故事
清晨森林里的自然声音
传统文化生活探索笔记
夏日花园摄影故事
现代家庭创意空间
秋日山谷里的温暖阳光
寻找生活中的美好瞬间
午后咖啡与书香生活
世界美食文化探索日记
冬日森林的宁静故事
绿色植物与家居生活
山间小路旅行随想
古老建筑里的历史记忆
快乐周末生活记录
星空下的安静阅读时间
四季自然色彩摄影笔记
创意艺术与生活灵感
雨后花园里的清新时刻
简单健康的每日生活
城市夜晚灯光摄影记录
乡村田园里的幸福时光
探索艺术世界的新发现
海边清晨的温柔阳光
花草世界自然观察日记
古镇街巷里的生活故事
春日森林里的温暖阳光
城市街头艺术生活记录
清晨湖畔的宁静故事
传统文化与生活美学
秋季山谷自然摄影笔记
现代家庭创意生活分享
夏日花园里的美好时光
探索古老艺术文化故事
午后咖啡与阅读生活
绿色植物自然观察日记
冬日小屋里的温馨故事
世界美食文化探索笔记
星空下的安静阅读时光
四季花草生活新发现
雨后森林的清新世界
创意家居设计灵感分享
海边黄昏的浪漫风景
古镇街道里的历史记忆